Ozan TèA
Adaptation, conception et réalisation artistique


Biographie

Né en Turquie en 1960, il vit depuis 1982 à Paris. Son parcours est intimement lié à ses engagements politiques et artistiques, moteurs de sa réflexion et de ses choix, et jalonné de rencontres qui l'ont enrichi.
Jeune adolescent, c'est en accompagnant dans son travail musical Karakoç Abuser, musicien auteur compositeur interprète, qu'il entre en contact avec le monde des arts (musique et chant) et découvre le mouvement politique révolutionnaire.
Il accompagne comme musicien le célèbre poète Hasan Huseyin Korkmazgil, lors de sa tournée de lectures poétiques à Ankara. Son expérience d'improvisation instrumentale pendant ces lectures lui fait découvrir la musicalité de la poésie.
Avec Erkan Yucel, metteur en scène et comédien et fondateur du Théâtre d'Art Révolutionnaire d'Ankara (DAST), il découvre le théâtre professionnel en suivant ponctuellement son travail de mise en scène. Plus tard, en 1980, il l'assiste pour son adaptation théâtrale du roman de John Steinbeck « Des souris et des hommes ». (Pièce jouée à Ankara).
Avec le cinéaste Güney, il découvre la pratique cinématographique pendant le tournage du film « Le Mur » pour lequel il devient un de ses assistants (1983 à Paris).
Pendant la période allant de 1975 à 1980, la situation économique, politique, sociale et culturelle de la Turquie se dégrade, créant une situation de guerre civile. Dans cette conjoncture particulière, personne ne peut rester insensible. Il fait donc le choix de lier ses activités artistiques à ses actions politiques et sociales, et intègre le Mouvement Maoïste Turc, avec lequel il fait sa formation « idée(o)logique.».
Il mène des actions politiques et sociales comme la création de comités d'autodéfense populaires face aux attaques des fascistes nationaux – comités de soutien des ouvriers en grève – réquisition de nourriture dans les grandes surfaces pour les plus démunis – défense des habitations construites pour les sans-abris.
Il intègre à ses actions politiques et sociales son activité artistique : d'une part en solo comme musicien et chanteur (il donnera de nombreux récitals à Istanbul, Ankara et région centre de Turquie), et mènera d'autre part un travail collectif en créant un groupe artistique qui mettra en scène des spectacles mêlant musique, chant, poésie, images et théâtre (« Les Martyrs de la révolution », épopée historique sur des révolutionnaires - « 15-16 Juin », spectacle sur l'évènement historique de la révolte des ouvriers d'Istanbul - Réalisation de fresques murales).
Pour toutes ces activités,  il est plusieurs fois interpellé, jugé et condamné. Le 12 septembre 1980, l'armée turque prend le pouvoir par un coup d'état. Recherché par le régime militaire, il organise des luttes clandestinement pendant un an. Dans l'impossibilité de poursuivre son travail artistique et politique en Turquie, il rejoint la France le 10 janvier 1982 et s'installe à Paris.
Entre 1982 et 1986, il poursuit en France son engagement politique lié à son travail artistique. Il fonde avec des ouvriers turcs de différentes régions de France une fédération ouvrière turque (FTIF) dans laquelle il prend la responsabilité de directeur artistique. Il est un des fondateurs du journal « Drapeau de la lutte » dont il est rédacteur en chef et y publie une série d'articles sur les conditions des travailleurs turcs et leurs familles en France. Tout en travaillant sur leurs problèmes sociaux liés à leur immigration, il poursuit son action politique. En collaboration avec d'autres mouvements associatifs, il mène et participe à des actions et manifestations en vue de sensibiliser le grand public et dénoncer le régime militaire en Turquie et ses pratiques de torture sur la population et les prisonniers politiques (Manifestations pendant toute la durée du festival de Cannes et lors de la présentation du film "Yol" de Güney, Palme d'Or 1982 -  Grèves de la faim à Paris et Strasbourg en 1983, avec la participation entre autres de Güney, et du poète Nihat Behram - Longue marche Paris-Strasbourg à l'occasion de la réunion de l'Union du Conseil Européen en 1984).
Parallèlement, il organise des soirées interculturelles (Paris, Lyon, Strasbourg, Nantes, Grenoble, Nevers, Besançon) et donne des conférences sur le rôle de la culture et de l'art au sein de la société.
Déjà, son esprit critique dénonce le concept stérile de « l'art pour l'art », mais également le concept réducteur de la fonction de l'art comme outil de propagande.
Il continue également à diriger la création et l'écriture collective de groupes de théâtre populaire avec les ouvriers turcs (il adapte et met en scène une pièce anonyme sur le personnage mythique  « Pir Sultan Abdal », pièce jouée à Paris – Plusieurs pièces d'écriture collective partant des situations concrètes de la vie quotidienne des ouvriers immigrés turcs -  Il adapte, met en scène et joue 20 nouvelles satiriques de Muzaffer Izgu, pièce jouée à Stuttgart - Pour deux représentations à Paris et Strasbourg, il assiste et joue pour le spectacle conçu par le poète Nihat Behram à partir de fragments choisis de fables et mis en scène par le marionnettiste Isil Kasapoglu - Izzet Akay (Directeur photo de Güney) qu'il a rencontré sur le tournage du « Mur » lui propose de superviser la partie tournage en France de son film « 1980 » (produit par l'A.T.I.K.- Allemagne) et il participe également à la synchronisation du film qui est présenté dans plusieurs festivals d'Europe) A la suite de divergences idéologiques s'aggravant depuis 1982, c'est la rupture avec l'appareil politique « officiel ». S'opposant à l'embourgeoisement et critiquant la tournure réformiste prise par la direction du Mouvement Maoïste Turc, il en est exclu début 1987.
C'est l'opportunité pour lui d'approfondir ses recherches sur les relations entre pratique artistique et mouvement politique. Il se démarque d'une part, des erreurs induites par le concept dogmatique du « Réalisme Socialiste » (particulièrement dans la Russie de Staline, mais également en Chine) dans les milieux révolutionnaires vis-à-vis des arts (théâtre, cinéma, littérature, peinture, scuplture et musique) et d'autre part, du dépouillement de la fonction de l'art qui, dans la société de consommation se transforme en une espèce de simple jeu formel.
A la lumière de ses réflexions, il mène une analyse approfondie sur le rapport entre les arts et les sciences telles que l'histoire, la philosophie, la politique, la sociologie, la physique, la neurologie, la psychologie, la linguistique… dans la perspective d'un art indépendant en lui donnant sa fonction et sa place réelle pour le développement d'une société nouvelle et humaine.
De 1988 à 2006, poursuivant ce long travail qui devient sa principale activité, il contribue, aide et réalise divers projets qui, de différentes façons, enrichissent ses recherches. Pendant 2 ans il suit les cours Etude Cinéma à Paris VIII.
Plus tard, il monte une société de production cinématographique (YAP) avec I. Yetkin qui réalise le documentaire « La forêt de tolérance » dont le sujet est le 500ème anniversaire de l'exode des juifs turcs (diffusé par TV5).
A la suite de sa rencontre avec Guy Cavagnac, réalisateur et producteur, et à sa demande, il fait des recherches documentaires pour un projet télévisuel sur le paysage ethnique en Turquie ; et pour leur production cinématographique (UnitéTrois), il écrit 4 courts-métrages « Ni l'un ni l'autre », « Adam et Eve », « Cauchemar d'une aliénation », « Pour un carton », et un long-métrage « Sous-sol ».
Pour une étude ethno-sociale sur la deuxième génération des filles immigrées turques en France, il écrit, avec Véronique Rosa, un projet de documentaire ethnographique intitulé « Rébellion sous silence » (supervisés par Gaye Petek Chalom, directrice de la Maison Elele et par Bertrand Coq, journaliste France2). Toujours avec Véronique Rosa, ils produisent et réalisent « Benim Omrum », un reportage sur Abuzer Karakoç (en particulier, sur la perception de la vie et de la mort de l'artiste vivant ses derniers jours) diffusé sur TV7 (Turquie).
Par le biais de Richard Kravetz, il rencontre Léos Carax et apporte son aide pour le casting d'un des personnages de « Pola X », et en tant qu'interprète, il lui offre ses services pendant les essais.
Un an plus tard, il rencontre l'actrice Zouzou (égérie des années 60) qui lui propose de réaliser un documentaire sur elle. Il tourne les premières séquences du film mais suite à une mésentente avec le producteur, il préfère se retirer du projet. Quelques années plus tard, il autorise l'utilisation de ses prises de vues et réalisations pour la diffusion du film au Centre Beaubourg dans le cadre de la rétrospective sur Zouzou début 2004.
Tout en suivant le colloque à la cinémathèque de Paris de Jean Duchet, historien et critique aux Cahiers du Cinéma, il réalise le film de représentation d'un spectacle de théâtre de rue : « Les ailes du destin », de Judith da Silva Gameira (production : Théâtre Ka Portugal)
Suite à sa rencontre amicale avec le cinéaste italien Tonino de Bernardi, il joue un petit rôle dans son film « Médée miracle » avec Isabelle Huppert, Maria de Meideros et Isabel Ruth.
Dans la perspective de mettre en œuvre la synthèse de ses recherches artistiques, il met en place avec Valia Nicoltzeff et Thierry Laval, l'association culturelle « Les Pieds Nus en Mouvement » qui dans un premier temps se consacre à la préparation du spectacle « Que Faire ? » mêlant théâtre, cinéma et arts plastiques (nommé l'art spectural) et qui pour lui sera l'approfondissement ainsi que l'application au plus juste de toutes ses recherches et réflexions sur les arts et les sciences dans sa création, sa production et sa réalisation.

 

Note d'intention

Portrait vidéo

 

 

 

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